Vue du lac Nokoué au Bénin

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Le panthéon vodoun

Gu

Ogun, Ogou ou Gou est au départ un orisha dans la mythologie yoruba et un lwa du vaudou haïtien, où il se présente sous plusieurs aspects. Il est le fils de Yemaja, ou Iemanjá, et d’Orungan, l’époux d’Oya et d’Osun. Il est aussi le frère de Shangô.

Il représente le guerrier traditionnel et le travail du métal. Gu est le dieu de la guerre et le patron des forgerons et des artisans. Il a été envoyé sur terre pour en faire un lieu agréable pour les hommes qui y vivent, mais il n’a pas encore terminé cette tâche, semble-t-il. On trouve aussi la graphie Gun. Puissant et triomphateur, il peut être destructeur.

Selon Pierre Verger, Ogoun aurait été le fils aîné d’Odudua, le fondateur d’Ifè. C’était un guerrier redoutable et sanguinaire, qui se battait sans cesse contre les royaumes voisins. Il ramenait toujours de ses expéditions un riche butin et un nombre considérable d’esclaves.

Il fit la guerre contre la ville d’Ara et la détruisit. Il saccagea et dévasta de nombreux autres États, s’empara de la ville d’Iré, tua le roi, installa son propre fils sur le trône et revint glorieux, porteur lui-même du titre d’Oniiré, roi d’Iré.

Pour des raisons que nous ignorons, il n’eut jamais le droit de porter une couronne, adé, faite de petites perles de verre assemblées et agrémentée de franges de perles dissimulant le visage, emblème de la royauté chez les Yoruba.

Pour l’identifier, il est d’usage de déposer au sommet de la butte qui en indique l’emplacement un ou plusieurs objets de métal. Ce sont souvent de vieux objets cassés ou hors d’usage qui, au lieu d’être jetés, trouvent là une fin plus honorable : vieux couteaux, houes fendues, boulons, vieilles pièces de mécanique, etc.

C’est le guerrier qui lutte contre la misère. Ses attributs sont le sabre, le coq rouge, le rhum et le tabac. Il est l’un des amants d’Erzulie. C’est aussi un chef politique, qui a servi d’inspiration aux esclaves pour la révolution haïtienne de 1804.

Gu, ou Gou, dieu du fer, est représenté par un amas de fer. On retrouve sa représentation dans les forges ou dans la maison des forgerons, des chasseurs et des laboureurs. Il est le maître des métaux, une divinité qu’implorent tous ceux qui travaillent le fer ou avec le fer : forgerons, cultivateurs, guerriers, chasseurs, pêcheurs.

Il est transversal et reçoit toujours sa part de louanges au cours des cérémonies en l’honneur d’autres divinités, car sans le couteau qu’il permet de former, aucun sacrifice ne serait possible. C’est aussi l’esprit protecteur des personnes nouvellement circoncises.

Gu est une divinité dont on craint assez le nom : les accidents liés au fer, y compris les véhicules, seraient le fait de sa colère. Il ne tolère pas les ententes avec l’ennemi ni le mal. En conséquence, il peut tuer même ses amis.

Quelques formes d’Ogou

Lors de son rituel de possession, le fidèle s’habille en rouge, porte un sabre ou une machette, demande du rhum qu’il verse par terre, et du tabac qu’il mâche ou fume pour remplir le péristyle de fumée. Ces possessions peuvent être violentes.

Les fidèles qu’il chevauche sont connus pour se laver les mains avec du rhum flambant sans ressentir de douleur, ou pour se piquer ou se jeter sur leur sabre sans se blesser. On le retrouve également porteur de la corde du pendu après avoir été méprisé par Erzulie. Son corps fut brûlé à l’aube.

Représentation du vodoun Gu ou Ogun