Éwé : présentation
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L’éwé, parfois écrit évé, eʋe ou encore éoué, est connu dans la langue elle-même sous la forme eʋe (prononcer [e'βe]) ou Eʋegbe. C’est une langue du groupe gbe, appartenant aux langues kwa. Elle est parlée au Ghana, en Côte d’Ivoire, au Togo et au Bénin par plus de sept millions de locuteurs (Capo, 1991).
Comme les autres langues gbe, l’éwé est une langue tonale. Les étrangers la confondent souvent avec le mina ou avec d’autres langues kwa, comme l’abbey-éwé (également appelé Abbey-évé, Abévé ou éouédjè), lui-même parfois rapproché du fon (fongbe). Cette langue véhiculaire, très vivante, est largement parlée à Lomé.
L’éwé a le statut de langue nationale au Togo et au Ghana. Dotée de nombreux dialectes, elle s’écrit à l’aide de l’alphabet latin, enrichi de quelques signes issus de l’alphabet phonétique. À l’exception du tilde, utilisé pour noter la nasalisation des voyelles, les tons marqués par divers accents n’apparaissent le plus souvent pas dans l’écriture courante.
Les Éwé, ou Evhé selon certains historiens comme R. Cornevin, occupent en Afrique occidentale le littoral du golfe de Guinée, depuis l’embouchure de la Volta à l’ouest jusqu’à celle du Mono à l’est, ainsi que l’arrière-pays sur une profondeur d’environ 150 kilomètres. La frontière entre le Ghana et le Togo traverse donc le territoire de cette population.
En 1990, la société éwé comptait au Ghana plus de 1 860 000 personnes, soit 12 % de la population totale de cet État, et au Togo près de 1 550 000 personnes, soit environ 43 % de la population togolaise. Derrière le littoral lagunaire s’étend la savane, bientôt relayée par la chaîne montagneuse qui traverse le Togo du sud-ouest au nord-est.