Étude documentaire · Partie II · Septembre 2026

L’économie informelle au Bénin

Métiers et vie quotidienne

Zémidjans, kpayo, Dantokpa, vendeuses et artisans

Sommaire

  1. Note liminaire à la partie II
  2. Chapitre 4. Dantokpa : une ville dans la ville
  3. Chapitre 5. Les vendeuses et le commerce de rue
  4. Bibliographie de la partie II

Plan général de l’étude complète : chapitre 1, cadrer l’informel ; chapitre 2, les zémidjans ; chapitre 3, le kpayo ; chapitre 4, le marché Dantokpa ; chapitre 5, les vendeuses et le commerce de rue ; chapitre 6, les artisans et l’apprentissage ; chapitre 7, épargne, tontines et protection sociale ; chapitre 8, l’État face à l’informel ; conclusion générale ; lexique ; bibliographie. La présente livraison contient les chapitres 4 et 5 ; les chapitres 1 à 3 figurent dans la partie I.

Note liminaire à la partie II

Cette livraison suit les conventions de la partie I : citations auteur-date, niveaux de confiance entre crochets, distinction entre sources primaires, secondaires et tertiaires. Deux types de sources y prennent une place particulière. Pour l’histoire et le fonctionnement de Dantokpa et du petit commerce, une étude publiée par la FAO, fondée sur des enquêtes menées à Cotonou en 1994 et sur des travaux béninois antérieurs (Nago, 1989 ; Adda, 1991), fournit les données de terrain les plus détaillées trouvées ; elles datent de trente ans et sont présentées comme telles. Pour la relocalisation de Dantokpa en 2025-2026, l’information provient des communiqués gouvernementaux et de la presse ; le processus étant en cours, l’état décrit est celui connu à la mi-septembre 2026.

Plusieurs noms fon apparaissent dans ce chapitre (Dantɔkpa, Tokpa, Yôyô, Daho, Kpodji, Bossodji). Les sens indiqués sont ceux donnés par les sources ; lorsque l’auteur propose un rapprochement, il le signale comme hypothèse à vérifier auprès d’un locuteur.

Chapitre 4. Dantokpa : une ville dans la ville

Dantokpa, ou simplement Tokpa, est le plus grand marché du Bénin et l’un des plus importants d’Afrique de l’Ouest. Il est à la fois marché de gros et de détail, carrefour régional, lieu de culte, bureau de change, entrepôt et espace social. Une étude de la FAO le décrivait dans les années 1990 comme « une ville dans la ville », où l’on vient vendre et acheter, mais aussi s’informer et se rencontrer (FAO, s.d.). Depuis 2025, il fait l’objet de la plus vaste opération de relocalisation commerciale jamais tentée au Bénin.

Vue générale du marché Dantokpa à Cotonou
Vue du marché Dantokpa à Cotonou. Photo : Philippe ABIODOUN, licence CC BY-SA 4.0 — Wikimedia Commons.

4.1. Le nom

Le nom s’écrit Dantɔkpa en fon. Il est généralement compris comme « au bord de la lagune de Dan » (Wikipédia anglophone, « Dantokpa Market ») ou « à côté du lac de Dan » (Bénin Web TV, 2026). Dan est une divinité du panthéon vodun représentée par un serpent et associée à la prospérité ; un autel qui lui est dédié se trouve dans le marché, et c’est la présence de ce lieu de culte sur le site actuel qui aurait donné son nom au marché lors de son installation (SOGEMA, via le ministère de la Décentralisation ; Malam Moussa et al., 2010). [Confiance : élevée sur le lien avec Dan ; moyenne sur la traduction exacte.] La forme courte Tokpa désignait déjà l’ancien marché avant son déplacement (FAO, s.d.).

Hypothèse de l’auteur, à vérifier : ces traductions supposent une décomposition du type « cours d’eau, lagune » et kpá « bord, à côté », ce qui s’accorde avec la situation du marché sur la rive de la lagune de Cotonou. Les deux nouveaux pôles commerciaux ont été baptisés en mars 2026 Tokpa Yôyô et Tokpa Daho, pour « garder l’esprit de Tokpa » selon l’Agence nationale de gestion des marchés (ANaGeM) ; Tokpa Yôyô est traduit par la presse « Tokpa nouveau » (Bénin Web TV, 2026) ; Daho pourrait correspondre au fon daxó « grand », mais aucune source consultée ne le confirme. [Confiance : faible sur Daho.]

4.2. Une histoire faite de déplacements

Le marché a toujours bougé. Selon l’étude de la FAO, Cotonou ne comptait en 1892 que quelques maisons européennes et un centre d’échange créé en 1840, appelé « Xavier Béraud » par les Européens et « Tokpa » par les Béninois, où l’on échangeait produits maraîchers et produits d’eau douce. En 1950, alors que la ville comptait 20 000 habitants, ce marché s’étendait sur deux hectares et réunissait déjà 3 000 commerçants, dont un tiers d’ambulants et plus des trois quarts de femmes (FAO, s.d.). [Confiance : moyenne — source secondaire sérieuse ; les sources primaires de ces chiffres ne sont pas citées sur la page consultée.]

La version de la Société de gestion des marchés autonomes (SOGEMA) fait remonter l’histoire du marché aux années 1940 : l’ancien Tokpa, exploité par les Toffin pour écouler légumes et produits de la pêche près de l’actuel lycée Coulibaly, devenu trop étroit, fut transféré d’abord à Gbogbanou, puis en 1963 sur le site actuel (SOGEMA, s.d.). [Confiance : élevée sur la date de 1963, que toutes les sources retiennent.] La même institution indique ailleurs que l’activité sur le site actuel a commencé en 1964 (d’après Wikipédia anglophone citant la SOGEMA) ; l’écart d’un an entre décision et ouverture effective n’a rien d’anormal.

La superficie a fortement augmenté, mais les chiffres varient selon le périmètre retenu : 13 hectares en 1963 et 18 en 2010 selon Wikipédia francophone ; environ 12 hectares à l’origine et 18,7 en 2010 selon l’ouvrage de Malam Moussa, Soulé et Afouda (2010), cité par Wikipédia anglophone ; plus de vingt hectares selon la FAO, qui inclut les extensions. [Confiance : moyenne ; l’ordre de grandeur de 18 à 20 hectares est concordant.]

Les grands travaux ont plusieurs fois remodelé le site. Dans les années 1980, la construction du nouveau pont a traversé une partie de l’aire commerciale, et l’édification d’une mosquée en 1986 a entraîné d’autres déplacements ; au début des années 1990, le parking situé devant le bâtiment principal avait été converti en espace de vente (Malam Moussa et al., 2010, cités par Wikipédia anglophone). [Confiance : moyenne — source universitaire lue de seconde main.]

4.3. Anatomie du marché

Le bâtiment et ses marges

Le cœur du marché est un bâtiment principal d’environ 66 mètres sur 44, sur plusieurs niveaux, conçu pour environ 1 100 places à louer (Paulais et Wilhelm, 2000). Il est appelé Singbo selon un article de presse, terme glosé « immeuble » en fon (Afrik.com, 2019). [Confiance : moyenne.] Paradoxalement, ses étages sont restés en grande partie vides : plus de 80 % des places des premier et deuxième étages étaient inoccupées selon Malam Moussa et al. (2010). [Confiance : moyenne.] L’essentiel de l’activité se déroule autour du bâtiment, sous les apatams, abris légers de bambou, de bois ou de tôle construits par les commerçants eux-mêmes, qui offrent plusieurs milliers d’emplacements supplémentaires, près de 5 000 selon Afrik.com (2019).

Le marché est organisé en zones spécialisées. Dans les années 1990, le bâtiment central accueillait les produits manufacturés, chaussures, bijoux, tissus et alcools ; la zone Kpodji, du nom des troncs d’arbres posés au sol pour y empiler les sacs, était consacrée au maïs et au gari en gros ; la zone Bossodji, dont le nom renverrait au mouton en fon, regroupait les vendeurs de moutons et de viande (FAO, s.d.). [Confiance : moyenne sur ces étymologies, données par la source.] Un recensement de 1992 dénombrait 200 entrepôts dans le secteur Kpodji, dont 180 pour le maïs local (Kinsonhoun, 1992, cité par FAO, s.d.). On y trouve aussi pièces détachées, quincaillerie, bois, fer à béton, ciment, outils agricoles, ateliers mécaniques, meuniers et matelassiers, ainsi que des espaces dédiés aux objets du culte vodun et à la pharmacopée traditionnelle (Wikipédia anglophone ; FAO, s.d.).

Allée intérieure du marché Dantokpa
À l’intérieur du marché Dantokpa. Photo : Azogbonon, domaine public CC0 — Wikimedia Commons.

Combien de commerçants ?

Comme pour les zémidjans, les effectifs sont incertains. Un recensement de 2007 estimait les commerçants à environ 26 000, sans compter les ambulants, selon un ancien directeur de la SOGEMA, qui évaluait à environ 1,5 million le nombre de personnes passant chaque jour dans le marché (Jeune Afrique, 2012). [Confiance : moyenne pour le premier chiffre ; faible pour la fréquentation, estimation invérifiable.] Au début des années 2000, environ 15 342 boutiques auraient été recensées dans l’aire du marché (Paulais et Wilhelm, 2000, cités par Wikipédia anglophone ; la date exacte du comptage n’est pas précisée). En 2026, la presse évoque « quelque 20 000 personnes » vivant du marché et 33 secteurs d’activité (Bénin Web TV, 2026). [Confiance : faible.] Le point essentiel, sur lequel on reviendra, est que les registres de la SOGEMA ne recensaient que les titulaires de contrats, et non les sous-locataires.

Un marché régional

Dantokpa sert des commerçants venus du Nigeria, du Niger, du Burkina Faso, du Mali, de Côte d’Ivoire et du Cameroun, et le naira nigérian s’y échange par le change informel (Wikipédia anglophone). La plupart des biens de consommation entrant à Cotonou y transitent avant d’être redistribués. L’étude de la FAO rapporte qu’en 1991, 70 % des vendeurs de quatorze marchés secondaires de Cotonou s’y approvisionnaient (Adda, 1991), et qu’en 1994, 80 % des détaillantes interrogées s’approvisionnaient auprès d’un grossiste, le plus souvent à Dantokpa (FAO, s.d.). [Confiance : moyenne — données anciennes.] Le commerce des tissus imprimés, notamment du wax, en est une spécialité majeure, largement tenue par des femmes.

Gestion et fiscalité

Le marché a longtemps été géré par la SOGEMA, société d’État à caractère commercial créée sous le régime de la loi n° 88-005 du 26 avril 1988, avec un capital initial de 790 200 000 francs CFA, placée sous la tutelle du ministère chargé de la décentralisation (SOGEMA, s.d.). [Confiance : élevée — présentation officielle.] Dans les années 1990, la SOGEMA employait 118 agents pour collecter les taxes : mensuelles pour les grossistes disposant de magasins et les locataires de boutiques, journalières pour les ambulantes et les vendeuses sans local. Le gardiennage officiel étant jugé insuffisant, les femmes d’une même zone se cotisaient pour payer un gardien de nuit (FAO, s.d.). Les prélèvements sur Dantokpa et les autres marchés représentaient 4,7 % des recettes de la circonscription urbaine de Cotonou (Malam Moussa et al., 2010).

Cette gestion a été contestée. Au début de 1990, l’association des usagers des marchés autonomes de Cotonou a lancé une grève des paiements qui a abouti au remplacement de l’équipe dirigeante et des collecteurs, à la baisse de certaines taxes et à la représentation des commerçants dans un comité de gestion paritaire ; la taxe de voirie de 100 francs payée par les ambulants avant 1991 a été réduite (Malam Moussa et al., 2010, cités par Wikipédia). [Confiance : moyenne.] Le rôle des femmes dirigeantes d’associations de commerçantes, et les relations de clientèle qu’elles entretiennent avec le pouvoir politique, ont été étudiés par l’anthropologue Ebbe Prag (2010) ; ce travail n’a pas été consulté directement.

La SOGEMA a été liquidée ; la gestion des marchés relève désormais de l’ANaGeM (Bénin Web TV, 2026). [Confiance : moyenne — la date et l’acte de liquidation n’ont pas été trouvés.]

4.4. Risques : incendies et insalubrité

Les incendies sont récurrents. Wikipédia francophone mentionne quatre incendies depuis 1963 : en 2015, le plus dévastateur, avec 755 boutiques et 200 commerçants sinistrés, puis en 2018 et deux fois en 2021. [Confiance : faible — source tertiaire ; le chiffre de quatre incendies en soixante ans paraît bas au regard des autres mentions d’« épisodes récurrents » et doit être vérifié dans les archives de presse.] Un détachement de sapeurs-pompiers et un commissariat spécial sont installés dans le marché.

L’insalubrité est un problème constant : déchets et emballages accumulés sur la berge de la lagune, caniveaux utilisés comme dépotoirs, installations sanitaires insuffisantes pour le nombre d’usagers (Paulais et Wilhelm, 2000 ; Beninsite, 2019, cités par Wikipédia anglophone). En 2026, des commerçants favorables au déménagement évoquaient encore un site où « on pisse un peu partout » (Bénin Web TV, 2026).

Les abords du marché ont connu leurs propres déguerpissements. Fin janvier 2020, des milliers d’habitants de la berge lagunaire ceinturant Dantokpa ont reçu une sommation de quitter les lieux ; au moins six quartiers étaient concernés (Jeune Afrique, 2020). [Confiance : élevée.]

Marché Dantokpa vu depuis le marché des féticheurs
Le marché Dantokpa vu depuis le marché des féticheurs. Photo : Alacoolwiki, licence CC BY 4.0 — Wikimedia Commons.

4.5. La relocalisation (2018-2026)

Le projet

Dès octobre 2017, un responsable du ministère du Cadre de vie annonçait que les grossistes de Dantokpa rejoindraient un marché de gros à Abomey-Calavi (Beninsite, 2017, cité par Wikipédia). Le projet s’inscrit dans un programme national de marchés modernes lancé sous la présidence de Patrice Talon. Le nombre de marchés prévus varie selon les sources : 35 selon Bénin Web TV (2026), 30 selon la directrice générale de l’ANaGeM, qui indiquait en avril 2026 que 21 étaient construits, dont 20 en exploitation (La Nation, 2026). [Confiance : moyenne ; la source institutionnelle est à privilégier.]

Deux pôles doivent accueillir l’essentiel des activités. Le pôle commercial Général Mathieu Kérékou, rebaptisé Tokpa Yôyô, situé sur l’esplanade du stade de Kouhounou, au nord de Cotonou, est destiné aux quatre filières non alimentaires : textile, maroquinerie, cosmétique et bijouterie. Il compte 441 boutiques, 1 013 stands et 70 restaurants selon l’ANaGeM (La Nation, 2026 ; Bénin Web TV, 2026). [Confiance : élevée.] Un autre article donne « environ 1 000 étals » d’environ 5 m² et « 300 boutiques » de 12 à 15 m² (KoriActu, 2025) ; l’écart sur les boutiques n’est pas expliqué. Le pôle agroalimentaire du Grand Nokoué, rebaptisé Tokpa Daho, est destiné aux grossistes alimentaires sur un site de 168 hectares à Akassato, commune d’Abomey-Calavi, à 1,5 km de la route nationale inter-États n° 2 (Bénin Web TV, 2026). [Confiance : moyenne sur la superficie.] Les détaillants alimentaires doivent être répartis, à leur choix, entre neuf marchés de détail de Cotonou (La Nation, 2026). Enfin, les vendeurs de plantes médicinales, d’ossements, de pièces détachées et de produits recyclés, pour lesquels aucune place n’était prévue dans les deux pôles, doivent être relogés provisoirement à Godomey-Gare, sur un site encore en travaux en mars 2026 (La Météo, 2026). [Confiance : élevée.]

Abords du marché Dantokpa à Cotonou
Les abords du marché Dantokpa à Cotonou. Photo : Alacoolwiki, licence CC BY 4.0 — Wikimedia Commons.

Un calendrier plusieurs fois repoussé

Tableau 5. Chronologie de la relocalisation de Dantokpa

Date Événement Source
Oct. 2017 Annonce du transfert des grossistes vers un marché de gros à Abomey-Calavi Beninsite, 2017
8-9 sept. 2025 L’ANaGeM ouvre les concertations et publie le calendrier : transfert du 5 au 15 janvier 2026 Gouvernement, 2025
5 janv. 2026 Aucun déménagement constaté ; pas de communiqué de report Bénin Web TV, 2026
27 mars 2026 Nouveau calendrier ; noms Tokpa Yôyô et Tokpa Daho ; conditions financières annoncées Gouvernement, 2026 ; Le Matinal, 2026
28 mars 2026 Affichage de la liste provisoire des attributaires Gouvernement, 2026
1er-2 avril 2026 Tirage au sort annoncé, puis report de l’attribution pour « réajustement du dispositif » Nasuba, 2026 ; Bénin Web TV, 2026
2-6 avril 2026 Recensement d’urgence des sous-locataires Bénin Web TV, 2026
26 avril, 9 et 16 mai 2026 Dates annoncées d’ouverture de Ouando (Porto-Novo), Tokpa Yôyô et Tokpa Daho Gouvernement, 2026
Juin 2026 L’ANaGeM reconnaît l’insuffisance des places et annonce une extension de Tokpa Yôyô Bénin Web TV, 2026
1er juillet 2026 Conseil des ministres : baisse des redevances à compter de juillet Afriquinfos, 2026 ; SRTB, 2026

Une divergence mineure existe sur l’ouverture de Tokpa Yôyô : le 9 mai selon le communiqué gouvernemental du 28 mars, le 16 mai selon un article du 1er avril (Nasuba, 2026). Plus important : le 2 juillet 2026, la télévision publique décrivait encore les deux pôles comme « bientôt » ouverts (SRTB, 2026). Aucune source consultée ne confirme, à la mi-septembre 2026, l’ouverture effective des deux pôles ni l’état du site historique de Dantokpa. [Confiance : faible sur l’état actuel ; point à vérifier.]

Le nœud du problème : les sous-locataires

La difficulté principale est apparue lors de l’attribution des places. Selon Bénin Web TV (2026), l’ANaGeM a travaillé à partir des registres de la SOGEMA, qui ne recensaient que les commerçants liés à elle par un contrat direct. Or la sous-location est la règle à Dantokpa : un titulaire loue sa place à une ou plusieurs commerçantes qui n’ont aucun lien contractuel avec l’administration. Environ 2 000 locataires enregistrés ont été recensés dans les quatre filières concernées, pour une capacité de 1 300 à 1 400 places ; et la directrice générale de l’ANaGeM a elle-même déclaré en juin 2026 que les capacités initiales ne pouvaient pas accueillir « les 4 000 marchands » opérant dans ces filières. [Confiance : élevée sur la déclaration ; le chiffre de 4 000 est une estimation.] Le calcul est cohérent : 441 boutiques et 1 013 stands font 1 454 emplacements.

Ce décalage illustre une règle générale de l’informel : les registres administratifs ne captent que les titulaires de droits formels, pas les usagers effectifs. La sous-location constitue une « informalité à l’intérieur de l’informel », invisible pour l’État tant qu’il ne cherche pas à déplacer ou indemniser. C’est la principale leçon analytique de l’épisode.

Le coût de l’installation

Les conditions annoncées en mars 2026 imposaient le versement de deux mois de caution et du loyer du mois en cours. Les redevances mensuelles étaient fixées à 10 500 francs CFA par mètre carré pour les boutiques, 7 500 pour les stands et 9 500 pour les restaurants (Le Matinal, 2026). Le 1er juillet 2026, le Conseil des ministres, présidé par Romuald Wadagni, président de la République depuis le 24 mai 2026, a ramené ces montants à 8 000, 5 000 et 7 000 francs respectivement ; à Tokpa Daho, la redevance des entrepôts secs est passée de 100 000 à 64 000 francs ; le ministre des Finances a été chargé d’augmenter la subvention d’entretien (Les 4 Vérités, 2026 ; SRTB, 2026 ; Actu du Bénin, 2026). [Confiance : élevée — décision rapportée concordamment.] Le gouvernement précisait que les anciens tarifs étaient déjà inférieurs au coût réel.

À titre d’illustration, et par simple calcul à partir de ces chiffres : un stand de 5 m² coûtait 37 500 francs par mois avant juillet 2026 et coûte 25 000 francs après la baisse, auxquels s’ajoutent à l’entrée deux mois de caution. Aucune donnée n’a été trouvée sur ce que payaient les mêmes commerçantes à Dantokpa, en taxes et en sous-location, ce qui empêche toute comparaison.

La même décision a réduit les redevances des marchés urbains modernes de Cotonou (Cadjèhoun, Aidjèdo, Mènontin, Wologuèdè, Gbégamey, Ganhi, Hlazounto, Tokplégbé, Midombo) de 18 000 à 12 000 francs, celles de plusieurs marchés de province de 13 000 à 9 000 francs, et celles des marchés régionaux de 7 500 à 5 000 francs (Les 4 Vérités, 2026). L’unité de ces montants — par mois et par place, vraisemblablement — n’est pas précisée dans la source.

Les objections

Le projet a suscité une opposition publique. Dans une tribune de juin 2024, Célestine Zanou, ancienne directrice de cabinet du président Mathieu Kérékou, affirmait que Dantokpa devait rester là où il est et plaidait pour une modernisation sur place plutôt qu’une délocalisation (propos rapportés par Bénin Web TV, 2026). La même source souligne la dimension spirituelle de la résistance : pour une partie des commerçantes, quitter Dantokpa revient à quitter la protection de Dan. Elle relève enfin qu’aucune étude comparative publique entre réhabilitation sur place et construction ailleurs n’a été présentée. Cette dernière remarque relève de l’analyse du journaliste ; l’auteur n’a pas trouvé trace d’une telle étude, sans pouvoir affirmer qu’elle n’existe pas. [Confiance : moyenne.]

Les arguments du gouvernement sont également documentés : saturation du site, difficultés d’accès, assainissement et risques sécuritaires, en particulier les incendies (La Nation, 2026). Des commerçants favorables au départ ont été cités dans la presse. Aucun sondage n’a été trouvé sur l’opinion des commerçants dans leur ensemble.

4.6. Synthèse

Dantokpa n’a jamais été un espace stable : il est né d’un premier Tokpa au XIXe siècle, a été déplacé en 1963, remodelé par les grands travaux, étendu par ses propres usagers. Il s’est construit par une double logique : une infrastructure publique sous-utilisée — le bâtiment central aux étages vides — et une occupation privée débordante — apatams, sous-location, commerce ambulant. La relocalisation de 2025-2026 a buté précisément sur cette seconde logique, que les registres ne voyaient pas. Le coût des nouvelles places, revu à la baisse après l’alternance de 2026, et la dimension religieuse du lieu constituent les deux autres points de friction. Le bilan de l’opération ne peut pas encore être dressé.

Chapitre 5. Les vendeuses et le commerce de rue

Le petit commerce est le premier métier des femmes béninoises en ville. Il occupe les trottoirs, les carrefours, les devantures de maisons, les abords des écoles et des chantiers. Il nourrit la ville et fait vivre des ménages entiers. C’est aussi lui que l’opération de libération des espaces publics de 2017 a le plus directement frappé.

Étal de fruits dans un marché béninois
Marchandise de fruits au Bénin. Photo : KODJOME Romaric, licence CC BY-SA 4.0 — Wikimedia Commons.

5.1. Un commerce féminin

La prédominance féminine est ancienne et constante. En 1950, plus des trois quarts des 3 000 commerçants de l’ancien Tokpa étaient des femmes (FAO, s.d.). En 1995, le géographe Benoît N’Bessa écrivait que le commerce sous diverses formes était l’activité principale de la population féminine au Bénin, et que la vente de plats cuisinés dans la rue occupait à Cotonou un nombre impressionnant de femmes, souvent seule ressource d’un ménage avec plusieurs enfants à charge (N’Bessa, 1995). [Confiance : élevée pour le constat général.] Dans l’échantillon d’enquête de la FAO en 1994, les 56 détaillantes interrogées étaient exclusivement des femmes ; leur âge moyen était de 37 ans, plus de 80 % étaient mariées, et leur niveau d’instruction était très bas, surtout au-delà de 30 ans (FAO, s.d.). [Confiance : moyenne — petit échantillon, données anciennes, non généralisables.]

Les données récentes confirment la position défavorable des femmes dans l’emploi : 3 % des femmes occupées hors agriculture ont un emploi formel, contre 13 % des hommes, et 70,2 % des femmes du secteur informel n’ont aucun contrat (AFRISTAT, 2021a et 2021b, voir chapitre 1). [Confiance : élevée.]

5.2. Quatre manières de vendre

L’étude de la FAO distingue quatre types de vendeuses de produits alimentaires hors des marchés (FAO, s.d.). Les vendeuses à emplacement fixe s’installent à un carrefour ou devant leur domicile, marchandise posée au sol ou sur une petite table. Les vendeuses ambulantes parcourent les rues d’un quartier ou s’installent successivement là où passe du monde à certaines heures ; certaines transforment les produits chez elles et envoient leurs enfants les vendre dans la rue. Les vendeuses permanentes à domicile sont connues d’une clientèle de quartier qui vient acheter chez elles. Les vendeuses occasionnelles à domicile vendent lorsqu’elles ont besoin d’argent ou sur commande, en annonçant la vente par un écriteau ou en envoyant leurs enfants faire savoir qu’il y a à vendre. [Confiance : moyenne — typologie issue d’enquêtes des années 1990, probablement encore pertinente dans ses grandes lignes, mais non actualisée.]

La même source classe les produits vendus en quatre catégories : les aliments demandant une transformation ou un tri que les ménagères n’ont pas le temps de faire — huile de palme préparée, pâtes fermentées comme l’akassa ou le mawé, poisson fumé, céréales triées ; les compléments achetés au dernier moment — gari, fruits, boissons ; les plats préparés vendus chauds près des lieux de travail et des écoles ; enfin les produits réfrigérés, boissons fraîches et glaces, vendus par les ménages équipés d’un réfrigérateur, souvent par l’intermédiaire de leurs enfants munis de glacières.

La participation des enfants à la vente apparaît ainsi dans la description même du métier. L’ampleur actuelle du phénomène et ses effets sur la scolarité n’ont pas été documentés dans les sources consultées pour cette livraison ; la question sera reprise au chapitre 6 à propos de l’apprentissage.

5.3. Les transformatrices : un artisanat alimentaire

Une grande partie des vendeuses ne revendent pas seulement : elles transforment. En 1988, une enquête de Nago dénombrait à Cotonou 10 484 artisanes transformatrices et vendeuses de produits vivriers transformés, dont 47,5 % travaillaient le maïs, 16,9 % l’arachide et 14,5 % le manioc, pour près d’une centaine de produits différents (Nago, 1989, cité par FAO, s.d.). [Confiance : moyenne — l’enquête elle-même reconnaissait ne pas avoir pu compter les ambulantes sans étal visible, et excluait le commerce de produits bruts ou industriels.] Sur l’ensemble des 25 localités enquêtées, les transformatrices représentaient 55 % des 19 500 activités recensées. Le revenu moyen par femme et par jour s’établissait alors entre 350 et 1 000 francs CFA selon l’activité, soit le prix de quatre à onze kilogrammes de maïs au détail à l’époque. En 1989, 659 ateliers de mouture artisanale traitaient à Cotonou environ 150 tonnes de produits par jour, dont 92 % de maïs, en prestation de service pour les ménagères et les transformatrices (Hounhouigan et Nago, 1990, cités par FAO, s.d.).

Tableau 6. Transformatrices et vendeuses de produits vivriers à Cotonou en 1988 — principaux produits de base

Produit de base Effectif Part (%) Nombre de produits
Maïs 4 985 47,5 34
Arachide 1 770 16,9 9
Manioc 1 515 14,5 16
Palmier à huile 552 5,3 3
Haricot 419 4,0 6
Igname 371 3,5 6
Autres produits 872 8,3 24
Total 10 484 100,0 98

Source : Nago (1989), cité par FAO (s.d.). La ligne « Autres produits » regroupe, par calcul de l’auteur, les postes poisson, blé, noix de coco, banane, riz, mil-sorgho et divers de la source.

Ces activités présentaient une nette spécialisation régionale ou ethnique selon les mêmes sources : les femmes goun — région de Porto-Novo — représentaient 46 % des productrices d’akassa de Cotonou ; les femmes fon, la totalité des vendeuses d’huile d’arachide, 80 % des vendeuses de klui-klui — beignets de tourteau d’arachide — et 75 % des vendeuses de tapioca ; les femmes mina, 35 % des productrices d’ablo (FAO, s.d., d’après Nago, 1989). [Confiance : moyenne — données des années 1980-1990.] Cette spécialisation s’explique par l’origine des savoir-faire et des productions agricoles ; plusieurs de ces produits régionaux sont depuis devenus des aliments nationaux.

5.4. Crédit, confiance et fidélité

L’enquête de 1994 décrit une économie de la confiance (FAO, s.d.). [Confiance : moyenne pour l’ensemble de ce paragraphe — petit échantillon, données anciennes.] Dans la majorité des cas, le grossiste avance un ou deux sacs à la détaillante, qui le paie après la vente ; près des deux tiers des détaillantes restent fidèles à quelques fournisseurs. En aval, 60 % accordent du crédit à leurs clients, rarement plus de deux ou trois jours, en échange de leur fidélité ; près de 80 % déclarent avoir une clientèle fixe. Une place au marché ou dans la rue étant difficile à obtenir, la vendeuse qui ne peut venir envoie une parente ou une amie la tenir. Dans les trois quarts des cas, le métier a été appris auprès d’une mère ou d’une tante, dès l’enfance, par l’accompagnement et l’imitation.

Les contraintes sont surtout financières et matérielles : faute de capital et de crédit, les détaillantes ne peuvent stocker au-delà de quelques jours de vente ni profiter des périodes de prix bas ; les marchés n’ont pas de chambres froides, et les invendus périssables sont bradés, jetés ou consommés en famille. La plupart vendent plusieurs produits pour limiter les risques d’approvisionnement et toucher davantage de clientes ; certaines s’installent à côté d’une vendeuse aux produits complémentaires.

Les solidarités entre vendeuses sont fortes mais ambivalentes : concurrentes pour les meilleurs lots, les détaillantes font front commun face au grossiste qui arrive au marché, au point que des semi-grossistes sont parfois contraints de vendre à perte. Elles se remplacent mutuellement, se cotisent pour les funérailles d’une collègue et participent à des tontines, dont l’argent sert autant aux obligations familiales qu’au commerce (FAO, s.d.). Le chapitre 7 examinera ces mécanismes.

L’étude mettait elle-même en garde contre la fiabilité des déclarations recueillies : méfiance héritée d’une période où l’État réprimait les commerçants soupçonnés de spéculation en interdisant la vente de plus de trois sacs de vivres, discrétion sur les revenus par crainte d’être sollicité ou jugé, absence de mesures étalons dans le commerce de détail. [Confiance : élevée sur l’existence de ces biais, signalés par les enquêteurs.]

5.5. Une hiérarchie : des grandes commerçantes aux ambulantes

Le commerce féminin n’est pas homogène. Au sommet se trouvent les grandes commerçantes du tissu, dont les plus connues sont les Nana Benz du grand marché de Lomé, étudiées par Rita Cordonnier (1987). Un article sur le commerce transfrontalier entre les deux Congo indique que leurs équivalentes de Cotonou ont été étudiées par Ebbe Prag (2013) (Tiers Monde, 2014). [Confiance : moyenne — l’étude de Prag n’a pas été consultée ; l’appellation locale éventuelle de ces commerçantes à Cotonou n’est pas connue de l’auteur et n’est donc pas donnée.] Entre ces grandes commerçantes et les ambulantes se situent les vendeuses à l’étal, les semi-grossistes et les détaillantes de marché. La relocalisation de Dantokpa a mis en lumière un étage supplémentaire de cette hiérarchie : les sous-locataires, qui exploitent une place détenue par une autre (chapitre 4).

5.6. La rue reprise par l’État : la libération des espaces publics

Les faits

L’opération de libération des espaces publics est la politique publique qui a le plus directement touché les vendeuses. Sa chronologie varie légèrement selon les sources : elle aurait été lancée en juillet 2016 et serait entrée dans sa phase active à Cotonou le 4 janvier 2017 (La Nouvelle Tribune, 2017a) ; un autre article du même titre la fait démarrer le 2 janvier 2017 (La Nouvelle Tribune, 2017b) ; Wikipédia retient le mercredi 4 janvier 2017, sur l’axe Houéyiho-Fidjrossè, sous la supervision du préfet du Littoral Modeste Toboula. [Confiance : élevée sur début janvier 2017.] L’opération, menée avec bulldozers et forces de l’ordre, visait les occupations des trottoirs, terre-pleins et emprises publiques : étals, buvettes, cafétérias de bord de route, ateliers d’artisans, et certaines constructions situées dans des couloirs d’écoulement des eaux. La première phase concernait notamment Cotonou, Porto-Novo, Parakou, Abomey-Calavi, Ouidah, Bohicon, Abomey et Sèmè-Kpodji (Wikipédia, « Libération des espaces publics »).

Dès le 5 janvier 2017, le Comité national des revendeurs, vendeurs et artisans du Bénin pour la liberté et le pain (Conarab), conduit par Thérèse Waounwa, annonçait une marche contre des expulsions sans solution de relogement (Wikipédia). Un mois après le début de l’opération, Jeune Afrique constatait que la ville était jonchée de gravats, que la plupart des commerçants expulsés n’avaient pas été réinstallés, mais qu’une partie des habitants, lassés des échecs des tentatives précédentes, approuvaient la mesure (Jeune Afrique, 2017). [Confiance : élevée.] Le même reportage rapportait l’argument du préfet : en percevant des taxes auprès des vendeurs de rue, la mairie avait selon lui pérennisé une occupation illégale et dangereuse, certains marchés étant installés sur les ouvrages d’assainissement.

Deux lectures

Les appréciations divergent nettement, et il convient de les exposer sans trancher. Pour ses promoteurs, l’opération était une condition de la modernisation urbaine. En 2022, Modeste Toboula déclarait ne rien regretter et être prêt à recommencer, présentant la libération des espaces publics comme la « césarienne » qui avait permis la promotion de l’économie locale et des investissements publics sans précédent (Bénin Web TV, 2022). [Confiance : élevée sur les propos ; il s’agit d’une opinion.] Un contradicteur lui reprochait au contraire d’avoir contribué à la cherté de la vie (même source).

Les travaux universitaires consultés, tous de portée locale, documentent surtout les coûts. Une étude sur l’arrondissement de Hounli, à Abomey, conclut que l’opération, bien qu’appréciée par la population, a déstabilisé les activités économiques, accru la pauvreté des sinistrés, compliqué le remboursement des crédits et réduit les recettes fiscales de la commune (International Journal of Advanced Research, 2019). Une étude sur la libération de l’emprise de la RNIE 2 à Kandi, fondée sur 45 questionnaires, établit que 88 % des biens démolis étaient privés (Zenodo, 2026). Un article publié sur Academia (2019) analyse les « usages politiques » du déguerpissement et décrit une action publique ayant laissé une pléthore de sinistrés commerciaux ; une enquête qualitative plus récente sur Cotonou, centrée sur le quartier côtier de Fiyégnon I, parle d’évictions autoritaires qui affectent durablement les « chances de vie » des déguerpis (ResearchGate, 2024). [Confiance : moyenne — seuls les résumés ont été lus ; ces études reposent sur des échantillons limités et ne permettent pas de chiffrer l’impact national.]

Aucune évaluation quantitative de l’effet de l’opération sur les revenus des vendeuses au niveau national, ni aucun décompte officiel des personnes affectées, n’a été trouvé. [Confiance : élevée sur l’absence dans les sources consultées.]

Ce que la rue est devenue

L’opération n’a pas fait disparaître le commerce de rue ; elle l’a déplacé et redistribué. Le cas du kpayo, décrit au chapitre 3, en est un exemple documenté : chassé des grandes artères, il s’est replié dans les rues secondaires et les abords des habitations (La Nouvelle Tribune, 2017a). La politique des marchés modernes, dont Dantokpa est le cas le plus visible, peut être lue comme le second temps de cette même stratégie : après avoir libéré la rue, offrir des places formelles, payantes, dans des équipements neufs. La baisse des redevances décidée en juillet 2026 montre que la question du coût d’accès à ces places reste centrale.

5.7. Synthèse

Le commerce de rue est une économie féminine de proximité, fondée sur la transformation des produits vivriers, le crédit croisé entre grossistes, détaillantes et clientes, la transmission familiale des savoir-faire et une forte solidarité de voisinage. Les données qui le décrivent le mieux datent pour l’essentiel des années 1980-1990 ; leur actualisation serait une priorité de recherche. Depuis 2017, l’État a entrepris de reprendre la rue et de réorganiser le commerce dans des équipements modernes. Les effets de cette politique sur les revenus et la sécurité économique des vendeuses restent mal mesurés ; les études locales disponibles et la presse soulignent ses coûts sociaux, ses promoteurs ses bénéfices urbains.

Suite du document. La partie III traitera des artisans et de l’apprentissage — chapitre 6 : apprentissage traditionnel, cérémonies de libération, CQM et CQP, programme ARCH-Formation — et de l’épargne et de la protection sociale — chapitre 7 : tontines, banquiers ambulants, microfinance, assurance ARCH.

Bibliographie — partie II

Classement alphabétique. La nature de chaque source — primaire, secondaire ou tertiaire — est indiquée en fin de notice. Les pages web ont été consultées en septembre 2026.

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AFRISTAT (2021a et 2021b). Voir bibliographie de la partie I. [Secondaire — analyse de données primaires]

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