Relief, climat, hydrographie et divisions administratives — version vérifiée et sourcée, août 2026
Note méthodologique. Les données administratives (chefs-lieux, communes) proviennent des textes officiels béninois, notamment le décret n° 2016-397 du 7 juillet 2016. Les chiffres de population sont ceux du quatrième Recensement général de la population et de l'habitation (RGPH-4, 2013), dernier recensement publié par l'INStaD ; les estimations plus récentes sont des projections et sont signalées comme telles. Les superficies départementales reprennent les chiffres usuels de la littérature confiance moyenne. Les compositions ethniques indiquées sont des dominantes approximatives, non des inventaires exhaustifs confiance moyenne.
Le Bénin est un État d'Afrique de l'Ouest d'une superficie de 114 763 km². Il est limité à l'est par le Nigéria, au nord-est par le Niger, au nord-ouest par le Burkina Faso et à l'ouest par le Togo. Au sud, il s'ouvre sur le golfe de Guinée par une façade maritime d'environ 125 km — l'une des plus courtes de la région, plusieurs de ses voisins (Togo, Ghana, Nigéria) étant eux aussi côtiers. Le pays s'étire sur près de 700 km du nord au sud, ce qui explique la diversité de ses milieux naturels.
La capitale officielle est Porto-Novo, siège de l'Assemblée nationale. Cotonou, la plus grande ville du pays, en est la capitale économique : elle abrite le siège du gouvernement, le port autonome et l'essentiel des activités commerciales et diplomatiques.
Relief. Le territoire est dans l'ensemble peu élevé. Du sud au nord se succèdent une plaine côtière basse et sableuse, ponctuée de lagunes et de lacs (Nokoué, Ahémé, lagune de Porto-Novo) ; des plateaux de terre de barre entaillés de dépressions (la Lama notamment) ; la pénéplaine cristalline du centre et du nord ; enfin, au nord-ouest, la chaîne de l'Atakora, prolongée au Togo par les monts du même nom. Le point culminant généralement retenu est le mont Sokbaro, à 658 m, sur la frontière togolaise dans la commune de Bassila (Donga) ; des relevés récents contestent toutefois cette primauté au profit de sommets voisins de l'Atacora confiance moyenne.
Hydrographie. Le fleuve Niger borde le pays au nord-est, où il reçoit ses affluents béninois (Mékrou, Alibori, Sota). L'Ouémé, plus long fleuve entièrement béninois (environ 510 km), naît dans la région de l'Atakora et se jette dans le lac Nokoué ; sa basse vallée est l'une des zones agricoles les plus fertiles du pays. Le Mono, à l'ouest, forme dans son cours inférieur la frontière avec le Togo. Le Couffo et la Pendjari complètent le réseau ; cette dernière appartient au bassin de la Volta, non à celui du Niger.
Climat. Le sud connaît un climat subéquatorial à quatre saisons : deux saisons pluvieuses (avril–juillet, puis septembre–novembre) séparées par deux saisons sèches. Le nord relève du climat tropical soudanien, à une seule saison des pluies (environ mai–octobre) suivie d'une longue saison sèche marquée par l'harmattan. Contrairement à une idée répandue, aucune partie du Bénin n'est désertique ; l'extrême nord tend seulement vers des conditions soudano-sahéliennes plus sèches.
Aires protégées. Les deux grands parcs nationaux se trouvent au nord : le parc national de la Pendjari, dans l'Atacora (communes de Tanguiéta, Matéri et Kérou), et le parc national du W du Bénin, dans l'Alibori. Tous deux appartiennent au complexe transfrontalier W-Arly-Pendjari (Bénin, Burkina Faso, Niger), inscrit au patrimoine mondial de l'UNESCO — le parc du W nigérien en 1996, l'extension béninoise et burkinabè le 7 juillet 2017. Ce complexe abrite la plus importante population d'éléphants d'Afrique de l'Ouest et la seule population de lions jugée viable dans la région. Le parc de la Comoé, parfois cité par erreur à propos du Bénin, se trouve en Côte d'Ivoire.
Population. Le RGPH-4 a dénombré 10 008 749 habitants en 2013, soit une densité moyenne de 87 hab./km² ; les projections situent la population au-delà de 13 millions au milieu des années 2020. Le peuplement est très inégal : il se concentre dans le sud, autour de la conurbation Cotonou–Abomey-Calavi–Sèmè-Kpodji–Porto-Novo. Le pays compte une grande diversité de peuples et de langues — Fon, Adja, Yoruba (Nagot), Bariba (Baatombu), Peul, Otammari, Yom-Lokpa, Dendi et bien d'autres — dont la répartition suit largement la géographie décrite ci-dessous.
Économie. Le port de Cotonou, débouché maritime du Niger et d'une partie du Nigéria, structure l'économie nationale avec le commerce de transit. L'agriculture demeure le premier secteur d'emploi : coton (premier produit d'exportation), maïs, manioc, igname, riz, palmier à huile, anacarde. La pêche lagunaire et maritime et l'élevage (surtout au nord) complètent le tableau.
Depuis la réforme territoriale issue des lois de décentralisation de 1999, le Bénin est divisé en 12 départements et 77 communes. Les communes sont subdivisées en arrondissements — 545 au total confiance moyenne — eux-mêmes composés de villages (en zone rurale) et de quartiers de ville (en zone urbaine). Le département est administré par un préfet nommé en conseil des ministres ; la commune est dirigée par un maire élu ; l'arrondissement est animé par un chef d'arrondissement, et non par un « maire d'arrondissement ».
Les chefs-lieux des douze départements ont été fixés par le décret n° 2016-397 du 7 juillet 2016. Ce texte a mis fin à une longue période d'indétermination pour les six départements créés en 1999 : c'est à cette occasion qu'Allada est devenue chef-lieu de l'Atlantique (et non Ouidah) et que le rôle d'Abomey comme chef-lieu du Zou a été confirmé (et non Bohicon).
| Département | Chef-lieu | Communes | Superficie (km²) | Population (2013) |
|---|---|---|---|---|
| Alibori | Kandi | 6 | 26 242 | 867 463 |
| Atacora | Natitingou | 9 | 20 499 | 772 262 |
| Atlantique | Allada | 8 | 3 233 | 1 398 229 |
| Borgou | Parakou | 8 | 25 856 | 1 214 249 |
| Collines | Dassa-Zoumè | 6 | 13 931 | 717 477 |
| Couffo | Aplahoué | 6 | 2 404 | 745 328 |
| Donga | Djougou | 4 | 11 126 | 543 130 |
| Littoral | Cotonou | 1 | 79 | 679 012 |
| Mono | Lokossa | 6 | 1 605 | 497 243 |
| Ouémé | Porto-Novo | 9 | 1 281 | 1 100 404 |
| Plateau | Pobè | 5 | 3 264 | 622 372 |
| Zou | Abomey | 9 | 5 243 | 851 580 |
Le plus vaste département du pays occupe l'extrême nord-est. Il est limité à l'est par le Nigéria, au nord par le Niger — dont le fleuve Niger matérialise la frontière — et le Burkina Faso, à l'ouest par l'Atacora et au sud par le Borgou. Pays de savanes soudaniennes traversé par la Mékrou, l'Alibori et la Sota, il est peuplé principalement de Bariba, de Peuls et de Dendi, ces derniers surtout dans les villes fluviales de Malanville et Karimama. Le coton en fait l'un des premiers départements agricoles du Bénin (Banikoara est souvent la première commune cotonnière du pays), avec le maïs, le sorgho, l'élevage transhumant et la pêche fluviale. C'est dans l'Alibori que se trouve le parc national du W du Bénin, partie béninoise du complexe W-Arly-Pendjari inscrit à l'UNESCO — et non le parc de la Pendjari, situé dans l'Atacora.
Département montagneux du nord-ouest, l'Atacora est bordé par le Togo à l'ouest, le Burkina Faso au nord, l'Alibori à l'est et la Donga au sud. La chaîne de l'Atakora, qui lui donne son nom, y déroule crêtes quartzitiques, cascades (Kota, Tanougou) et vallées cultivées. C'est le pays des Bètammaribè (Somba/Otammari), célèbres pour leurs habitats fortifiés, les tata somba, dont l'équivalent togolais (Koutammakou) est classé à l'UNESCO ; y vivent aussi les Waama, les Natemba, les Berba, ainsi que des Peuls et des Dendi. L'agriculture vivrière (igname, mil, sorgho, fonio, maïs) domine, avec le coton. Le parc national de la Pendjari, sur les communes de Tanguiéta, Matéri et Kérou, est le joyau touristique du département : composante du complexe W-Arly-Pendjari (patrimoine mondial, 2017), il est géré depuis 2017 en partenariat avec African Parks.
Département le plus peuplé du Bénin (14 % de la population en 2013), l'Atlantique s'étend au sud du pays, entre le golfe de Guinée au sud, le Mono et le Couffo à l'ouest, le Zou au nord, l'Ouémé à l'est et le Littoral, qu'il enserre, au sud-est. Son chef-lieu est Allada, ancienne capitale du royaume d'Allada, berceau des dynasties fon — et non Ouidah, comme on le lit parfois. Plaine côtière, lac Nokoué et plateaux de terre de barre composent son paysage ; on y cultive maïs, manioc, ananas (spécialité d'Allada et de Zè) et palmier à huile. La commune d'Abomey-Calavi, dans la banlieue de Cotonou, est devenue la plus peuplée du pays. Deux sites majeurs attirent les visiteurs : Ouidah, haut lieu de la mémoire de la traite atlantique (Route des Esclaves, Porte du Non-Retour, temple des pythons) et capitale spirituelle du vodoun, où la fête du 10 janvier — devenue les « Vodun Days » — rassemble des fidèles et des visiteurs du monde entier ; et Ganvié, cité lacustre toffin sur le lac Nokoué (commune de Sô-Ava), souvent surnommée la « Venise de l'Afrique ».
Grand département du nord-est, le Borgou est limité à l'est par le Nigéria, au nord par l'Alibori, à l'ouest par l'Atacora et la Donga et au sud par les Collines ; contrairement à une confusion fréquente, il n'a pas de frontière avec le Niger. Savanes et plateaux cristallins portent une agriculture solide — coton, maïs, igname, sorgho, anacarde — doublée d'un élevage bovin important. La population associe Bariba (Baatombu), Peuls, Dendi, Boo et de nombreux migrants du sud. Parakou, troisième ou quatrième ville du pays selon les critères, est le grand carrefour du nord : terminus historique du chemin de fer venu de Cotonou, marché régional, ville universitaire et siège métropolitain. Nikki, ancienne capitale du royaume baatonu, accueille chaque année la Gaani, grande fête d'allégeance à son souverain.
Au centre du pays, les Collines relient le Bénin méridional au Bénin septentrional : Zou au sud, Plateau au sud-est, Nigéria à l'est, Borgou au nord, Donga au nord-ouest et Togo à l'ouest. Le département tire son nom des inselbergs granitiques qui hérissent la pénéplaine, spectaculaires autour de Dassa-Zoumè et de Savalou. Peuplé de Mahi, d'Idaasha et d'autres groupes yoruba, de Fon et de communautés venues du nord, il vit d'une agriculture diversifiée : igname (la fête de l'igname de Savalou, le 15 août, est renommée), maïs, manioc, arachide, anacarde et coton. Dassa-Zoumè, « ville aux 41 collines », est aussi un grand centre de pèlerinage catholique (grotte mariale d'Arigbo), tandis que les collines conservent de nombreux sanctuaires vodoun et sites d'anciens refuges.
Petit département densément peuplé du sud-ouest, le Couffo est adossé au Togo à l'ouest ; il touche le Mono au sud, l'Atlantique au sud-est et le Zou au nord-est. Il doit son nom à la rivière Couffo, qui le traverse avant d'alimenter le lac Ahémé. C'est le cœur du pays adja, où le fongbe est largement compris ; le plateau Adja, terre de barre intensément cultivée, produit maïs, manioc, arachide, niébé, palmier à huile et coton — mais ni cacao ni café, cultures parfois attribuées à tort à la région. L'artisanat (poterie, tissage) et les marchés ruraux comme celui d'Azovè animent l'économie locale ; le vodoun et le culte des ancêtres y demeurent très vivants.
La Donga occupe le nord-ouest intérieur : Togo à l'ouest, Atacora au nord, Borgou à l'est, Collines au sud. Contrairement à une erreur répandue, elle n'a pas de frontière avec le Burkina Faso. Son relief appartient au revers méridional de l'Atakora ; c'est sur sa frontière togolaise, dans la commune de Bassila, que se dresse le mont Sokbaro (658 m), point culminant traditionnellement attribué au Bénin. Les eaux s'y partagent entre le bassin de l'Ouémé et celui du Mono, qui prend sa source à proximité. Peuplée de Yom, de Lokpa, d'Anii (autour de Bassila), de Dendi et de Peuls, la Donga est une terre d'islam ancien : Djougou, grand carrefour caravanier entre le pays haoussa et la côte, reste l'une des principales villes musulmanes du Bénin et un marché très actif. Igname, maïs, sorgho, anacarde et coton dominent l'agriculture.
Le Littoral est une exception : le plus petit département (79 km²), réduit à la seule commune de Cotonou, subdivisée en treize arrondissements. Coincé entre l'océan au sud, le lac Nokoué au nord, l'Atlantique à l'ouest et l'Ouémé à l'est, il concentre l'essentiel de l'appareil économique national : port autonome, aéroport international, marché Dantokpa — l'un des plus grands d'Afrique de l'Ouest —, sièges des banques et des institutions. Cotonou comptait 679 012 habitants en 2013, chiffre stable voire déclinant, la croissance se reportant sur Abomey-Calavi et Sèmè-Kpodji : l'agglomération réelle dépasse largement le cadre du département. Parmi les repères urbains : la cathédrale Notre-Dame, la mosquée centrale de Zongo, la Fondation Zinsou (art contemporain), la place de l'Amazone et les plages de Fidjrossè. La mention parfois rencontrée d'un « palais royal d'Abomey-Calavi » parmi les sites du Littoral est doublement erronée : Abomey-Calavi appartient à l'Atlantique et les palais royaux classés sont ceux d'Abomey, dans le Zou.
Département côtier du sud-ouest, le Mono est bordé par le Togo à l'ouest — le fleuve Mono y trace la frontière dans son cours inférieur —, par l'océan au sud, le Couffo au nord et l'Atlantique à l'est. Plaines alluviales, lac Ahémé et lagunes côtières en font un pays d'eau, où la pêche le dispute à l'agriculture (maïs, manioc, riz, palmier à huile). Xwla, Xwéda, Sahouè et autres groupes adja-tado y côtoient des communautés mina venues du Togo. Grand-Popo, ancienne place de commerce atlantique, est devenue la station balnéaire la plus courue du pays ; à l'embouchure du Mono, la « Bouche du Roy », où le fleuve rejoint l'océan à travers un cordon lagunaire mouvant, forme un site naturel remarquable intégré à une aire communautaire de conservation. Les cultes vodoun, notamment ceux liés à la mer et aux eaux, structurent profondément la vie locale.
Département du sud-est, l'Ouémé touche le Nigéria à l'est, le Plateau au nord, l'Atlantique à l'ouest, le Littoral au sud-ouest et l'océan au sud par la commune de Sèmè-Kpodji. Il est structuré par la basse vallée de l'Ouémé, plaine inondable d'une grande fertilité, et par la lagune de Porto-Novo. Porto-Novo, capitale officielle du Bénin, y conserve un patrimoine urbain singulier — palais royal du roi Toffa (musée Honmè), mosquée centrale de style afro-brésilien, musée da Silva, musée ethnographique — hérité du triple legs goun, yoruba et afro-brésilien. Avec 264 320 habitants en 2013, la ville est aujourd'hui dépassée en population par Abomey-Calavi et Parakou : la qualifier de « deuxième ville du Bénin » ne vaut plus. Goun, Wémè, Toffin et Yoruba composent l'essentiel de la population du département, dont l'économie associe agriculture de décrue, maraîchage, pêche (villages lacustres des Aguégués), commerce frontalier avec le Nigéria et, à Sèmè-Kpodji, une industrialisation croissante.
Le Plateau occupe le sud-est intérieur, le long de la frontière nigériane : Nigéria à l'est, Ouémé au sud, Zou à l'ouest, Collines au nord. Son nom renvoie aux plateaux de terre de barre de Pobè, Sakété et Kétou — et non au « plateau d'Abomey », qui se trouve dans le Zou. C'est un département majoritairement yoruba (Nagot, Holli) avec des communautés goun au sud. Kétou, l'une des cités historiques du monde yoruba, conserve son palais royal et la porte fortifiée d'Akaba Idéna. L'économie repose sur le palmier à huile, le maïs, le manioc et un intense commerce transfrontalier avec le Nigéria voisin, licite ou informel, dont le marché d'Ifangni et l'axe Pobè–Kétou sont des points névralgiques.
Le Zou, au centre-sud, est limité au nord par les Collines, à l'est par le Plateau et l'Ouémé, au sud par l'Atlantique et à l'ouest par le Couffo. Son chef-lieu est Abomey — et non Bohicon —, capitale historique du royaume du Danxomè (Dahomey), dont les palais royaux sont inscrits au patrimoine mondial de l'UNESCO depuis 1985 : c'est l'un des deux sites béninois du patrimoine mondial avec le complexe W-Arly-Pendjari. Le musée historique installé dans les palais des rois Ghézo et Glélé, les temples et les ateliers d'artisans (tentures appliquées, bronzes, forge) font d'Abomey le cœur mémoriel du pays fon. Bohicon, à quelques kilomètres, s'est imposée comme le carrefour routier et commercial du département ; on y visite le site archéologique souterrain d'Agongointo. Le plateau d'Abomey, terre de barre fertile, porte maïs, manioc, arachide, palmier à huile et coton ; Fon et Mahi forment l'essentiel de la population.